Mon expérience de mannequin grande taille

Mlle Manon, Mode, News

Je me présente, je m’appelle Manon, fraîchement lancée dans la vie active malgré moi. J’ai rejoins la famille d’ETFWB (comprenez Ethno Tendance Fashion Week Brussels) à la fin du mois de Juin 2015.

Admirative du travail de Cérina de Rosen et de son équipe depuis un petit temps maintenant, j’ai passé un entretien pour un stage avec Yvoire de Rosen (fille de Cérina) qui s’est terminé par un magistral « bienvenue dans l’équipe ».
Me voilà graphiste du projet et responsable de toute la charte graphique en deux temps trois mouvements. Je me rends vite compte que je ne chômerais pas et j’en étais ravie !

Dans la foulée, toujours à la fin du mois de Juin, ETFWB organisait son premier casting de mannequins pour l’édition 2015. Il faut savoir que ETFWB est une fashion week pour le moins singulière : sur ses catwalks défilent des mannequins standards, albinos, ronds et cette année, même des mannequins à mobilité réduite (une première en Europe, 3e fois dans le monde) ; avec toujours comme particularité de vouloir représenter la diversité, un panel d’origines et de couleurs de peau pour notre plus grand plaisir.

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Privilège! Je représente Ethno à un tas d’évènements dont l’élection de Miss Africa Belgium, ici entourée de Mélissa et Yvoire de Rosen, en turban bien sûr!

Etant ronde depuis toujours et très bien dans ma peau, l’envie de le revendiquer fièrement me trottait dans la tête depuis quelques années déjà. J’ai donc pris mon courage à deux mains et je me suis présentée au casting … comme une touriste !
En effet, je me suis ramenée là un lendemain de la veille, pas coiffée, à peine démaquillée, habillée d’un legging, d’un Tshirt délavé, de chaussettes dépareillées et d’une bonne vieille paire de Nike Air compensée … Glamour comme jamais.
Je remplis ma fiche et je reçois mon numéro, le 66 … y a-t-il des superstitieux ou des gens qui voient des signes un peu partout comme moi dans la salle ? Non parce que perso, le 66 ce n’est pas trop la joie … Mais je fais avec.
La cerise sur le gâteau a été posée pourtant par Andi, un magnifique mannequin maniéré comme on les aime qui m’a regardé de haut en bas avec un air pincé pour ensuite me demander avec quelle paire de talons je comptais passer le casting … DES TALONS ! Suis-je donc totalement inculte et stupide !? Oui … Parce que oui, c’est l’erreur de débutant de se présenter à un casting sans la paire de talons (à noter : le top c’est une paire d’escarpin noir sans compensé de minimum 10 centimètres de haut et aiguille).
Je me suis donc retrouvée à courir parmi un tas de nanas aussi grandes que charmantes du haut de mon mètre septante à demander un paire de talons en 38 … Vous vous doutez bien que lorsque l’on mesure un mètre quatre-vingt cinq, on ne porte pas un 38. Mission presque impossible jusqu’ à ce que je tombe sur une fille qui portait un 40 mais ses talons étaient fermés … HALLELUYAH.

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En répétition, je ne sais plus trop quelle est ma place, mais je reste glamour, toujours!

Le casting est stressant mais très vite s’installe une bonne ambiance parmi les candidats et tout se passe très bien. Je passe devant le jury, Cérina et Yvoire me reconnaissent, on me pose des questions sur mes motivations et mes connaissances sur le projet. Vu mon admiration j’y réponds les doigts dans le nez (quitte à être glamour, autant l’être jusqu’au bout…).
Vient la délibération, on nous réunis et on commence à citer les numéros retenus. J’entends passer le 67, je me dis « oh zut … ce sera pour une prochaine fois … ». Ma stupidité ne s’arrête pas là … les chiffres n’étaient pas dit par ordre chronologique … j’entends donc enfin le 66 et je saute de joie ! L’expérience de mannequinat peut enfin commencer. Très vite on nous explique que certaines personnes ont été prises sous réserve de perdre un peu de poids ou de prendre un peu de muscle. Je prends directement le message pour moi, question d’habitude je pense.
J’étais sur le point de partir, jusqu’à ce que je me rappelle de quelques questions que je voulais poser à une responsable, Mélissa de Rosen (ainée d’Yvoire) et j’en profite pour demander déjà quelles étaient les réserves vis à vis de ma candidature. Sur ce, elle me confie que ma délibération s’était clôturée est une minute chrono, tout le jury était unanime, pas de réserve pour moi ! J’Y CROIS PAS, je sors de là sur un petit nuage …

Début septembre, tous les week-ends sont dédiés à notre formation pour devenir de véritables mannequins, apprendre à défiler, à marcher, à poser, à observer, à respirer, auprès de professionnels du métier.

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En répétition avec Andi et Naomi

J’ai donc commencé à jongler entre ma formation de mannequin, mon stage de graphisme, mon rôle d’assistante, lors des seconds castings, et mes participations lors des réunions générales. Je courais partout. Cette situation faisait bien rire l’équipe et les mannequins. Imaginez une petite rondouillette toute haletante tenant difficilement en équilibre sur des talons aiguilles, courant d’un coté à l’autre d’un catwalk improvisé avec dans une main un ordinateur, dans l’autre, un tas de papier, autour du cou des mètres rubans …

Les quelques semaines qui nous séparaient de l’événement passaient à toute vitesse. On enchaînait les nuits au bureau, on faisait venir des pizzas, on partait manger des kebabs, on dévalisait les magasins de leurs bonbons, de leurs chips, de leurs chocolats, tout y passait … Les gens qui pensent que dans le monde de la mode on ne mange que du quinoa, des baies de goji, des noix de cajou et de l’eau minérale au citron bio ne connaissent pas la vraie nature des femmes !

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C’est pas vrai hein : un mannequin mange!

Nous voilà dans la dernière semaine. J-5 avant l’ouverture des portes. Je devais en tout et pour tout dormir 4h par nuit, mes cernes dessinaient sur mon visage un magnifique masque d’Halloween avant l’heure. Les myopes me comprendront, mes lunettes m’ont littéralement sauvées la face en camouflant ces horreurs. Pour l’anecdote : cette semaine là, j’ai véritablement vu les dégâts de la fatigue sur mon visage qu’au moment de me faire maquiller pour partir défiler. Imaginez le choc quand j’ai enfin pris le temps de me regarder dans la glace ! J’aurais pu passer le casting de Walking Dead sans aucun effets spéciaux ! La pauvre maquilleuse a dû mettre plus de 45 minutes juste pour me redonner apparence humaine …

Malgré un tas de soucis que je vous épargnerais, vendredi 30 octobre 2015, 18:30, les portes s’ouvrent : les VIP entrent et découvrent les lieux, le bar et les stands de nourritures s’animent, les échoppes de vêtements, d’accessoires, de produits de beauté, finissent de s’installer, la chanteuse Mélissa commence à faire son show avec son groupe « Mel’s Trip », les journalistes et les photographes s’immiscent un peu partout pour capter les moindres détails. En cabine c’est la folie, les coiffures sont montées, les visages sont peu à peu maquillés, les stylistes découvrent leur collection, les mannequins se retrouvent parées de magnifiques tenues, on découvre les heures de travail, leurs petits bijoux, c’est autant un bonheur pour les mannequins que pour eux. Inévitablement, un tas de selfies sont capturés, moyen peut être de faire redescendre la pression …

Le défilé commence enfin. Je décide au dernier moment de ne pas en faire partie malgré la présence d’un tas de télés internationales qui auraient pu m’ouvrir quelques portes dans le mannequinat. Mais l’équipe avait besoin de moi ailleurs. Je ne vous cacherais pas que j’étais triste mais je défilerais le lendemain. C’est primordial que la soirée se déroule convenablement.
Je me retrouve donc en robe de soirée noire, coiffée d’un turban et perchée sur de magnifiques escarpins noirs, enfin glamour ! Mais pas pour longtemps : On me fourre une oreillette dans le fond de l’oreille reliée à un énorme talkie-walkie … Manon : mi-femme, mi-agent de sécu.

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Défilé avec la tenue phare de Dearcurves.

Voilà, les rondes qui défilent, magnifiques, le public est comblé, elles font un show d’enfer. Je souris, puis voilà la pression et la fatigue des dernières semaines qui refait surface : je fond en larmes et disparait dans un coin sombre … et je tombe sur l’ingé son et la coordinatrice logistique, malgré leurs petites occupations, ils commencent à me consoler. Il faut savoir que toute l’équipe, presque exclusivement féminine de ETFWB, à sa phase chaudes larmes pendant l’événement : me voilà baptisée.

Samedi, on me promet un journée plus calme. Je reste avec les mannequins. Ils forment déjà une belle bande, pour eux, je suis un peu l’agent infiltrée. Ils n’osent pas tout me dire, de peur que je le répète à l’équipe de direction. Cette position me fait rire. Je m’éclipse un moment avec une bouteille de smoothie framboise et une mannequin, sur le bord des quais de déchargements du shed 1 de Tour et Taxi au soleil. Moment de détente extraordinaire.

Dans quelques minutes je passe, j’ai la tenue phare du styliste, mais pas de talon … Une habilleuse m’en trouve une paire, en cuir noir, talons épais, confortables, à ma taille, je suis aux anges mais ça ne pouvait pas durer, ils étaient à une autre mannequin ronde … on m’en donne une autre paire, plus haute, talons aiguilles, trop grande … Pas le choix, je les garni de papier toilette et je prie de tenir. Dernier petit détail, j’ai oublié de mettre mes lentilles, on doit défiler dans 30 secondes … je défilerais à l’aveugle !

Je rentre enfin sur le catwalk. Je suis stressée. Ma petite famille est là et surprise, un tas d’amis ! Je ne les vois pas mais je les attends ! Ils se mettent à hurler sur mon passage, je me détend et je souris, je tremble de partout mais tout se déroule comme il faut ! ! ! Petit détail qui à son importance : le catwalk est en forme de U, il mesure 60 mètres de long et le sol du Tour et Taxis est en béton semi-plane ! C’est-à-dire qu’il fait des petites feintes avec des trous et de rehauts par ci par là : un enchantement sur des talons aiguilles !
Les défilés se clôturent chacun par un rassemblement des 10 mannequins qui ont défilé, un petit pas « de danse » et un tour complet avec le ou la styliste.
L’anecdote, parce qu’il en faut bien encore une sinon c’est pas drôle, c’est que les mouchoirs que j’avais placé dans les talons s’étaient humidifiés avec le stress (oui oui glamour jusque sur le catwalk) et que mes chaussures ne me tenaient plus du tout aux pieds … Je termine mon tour en boîtant ! Mais les gens ont vite oublié …
Je me rhabille en vitesse. Ma famille et mes amis sont là, je ne sais pas depuis combien de temps je ne les ai pas vu ! Ma famille m’embrasse en coup de vent et mes amis se posent avec moi à l’arrière des cuisines. L’Ethno Tendance Fashion Week Brussels 2015 commence peu à peu à prendre fin pour moi. Je resterais bien évidemment de la partie pour 2016 mais je suis impatiente de voir d’autres horizons. Expérience magnifique que je recommencerais sans hésitation.

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ETFWB prend fin, fatiguée mais super heureuse! A l’année prochaine!

La famille ETFWB : je vous aime !

Mlle Manon

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