Bruxelles: le jour d’après

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Cette nuit, une grande partie de la planète était bruxelloise. De l’Australie aux Etats-Unis, beaucoup de monuments ont porté nos couleurs. Ces couleurs, comme vous le savez, nous sont très chères car toutes les demoiselles de ce blog vivent à Bruxelles.

Bruxelles. Cette station de métro où je suis passée cent fois. Ce hall d’aéroport où j’étais le mardi 15 mars à huit heures, soit exactement une semaine heure pour heure avant les attentats.

Longtemps, j’ai cru que ça n’arriverait pas ici. J’ai tremblé d’émotion devant les attentats de Paris qui me paraissent si proches et pourtant si lointains. J’ai bravé le lockdown sciemment, râlant contre mon copain qui avait peur de sortir, car j’estimais que c’était ce que les terroristes voulaient et qu’on avait rien à craindre. Chez nous, à Bruxelles. Chez nous. Je suis sûrement trop naïve.

Longtemps, j’ai cru que Salah Abdelslam était un repenti. Qu’il avait renoncé à la dernière seconde à participer au massacre du 13 novembre et qu’il se cachait plus de l’état islamique (je ne mettrait aucune majuscule à ce mot) que de la justice et que contre une protection qu’on se refusait à lui accorder, il parlerait. Pourtant, l’enquête tend à montrer qu’il était au courant pour hier. Je suis sûrement trop naïve.

Pourtant aujourd’hui, j’ai vu des gens remplir la ville de messages d’espoir dessinés à la craie.

Pourtant aujourd’hui, j’ai vu une dame voilée accompagner un badau visiblement perdu jusqu’au parvis de l’église qu’il cherchait.

Pourtant aujourd’hui, j’ai vu un chauffeur de bus attendre patiemment qu’un homme très âgé monte et s’installe. « Nonante-trois ans et je ne compte pas en rester là! » me clame-t-il avec le sourire alors que je l’aide à franchir la dernière marche.

Pourtant aujourd’hui, dans ce même bus, j’ai vu un homme avec une kipa sympathiser spontanément avec une femme voilée assise à côté de lui, à quelques mètres de moi.

Pourtant aujourd’hui, j’ai vu Salomé, la petite puce de trois ans que je garde le mercredi, courir vers moi tout sourire m’offrant un dessin d’un soleil et d’une fleur.

Pourtant aujourd’hui, malgré tout, j’ai vu l’espoir tout autour de moi. J’ai vu le bonheur dans de petites choses. J’ai vu une Bruxelles qui n’avait rien perdu de son âme. J’ai vu une renaissance.

Toutes les demoiselles se joignent à la peine de ceux qui ont souffert, de près ou de loin, à cause de ces actes odieux.

« Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. Nous sommes l’espoir. »
Vu devant la bourse, écrit sur le sol à la craie.

 

 

 

Mlle Gaëlle

 

 

 

©

espoir

Photo de dh.be, je n’en avais pas faite 

 

 

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